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CINE-CONCERT THEATRAL – ALFRED in my SUITCASE

alfred_inUne ambiance rétro étudiée, un violoncelle et des techniques musicales contemporaines maîtrisées pour l’accompagner. Des paroles, du silence, du théâtre, des valises, de la danse et des projections : Alfred in My Suitcase est un spectacle complet et soigné, qui nous livre un catalogue d’émotions et nous plonge dans un grand moment d’introspection. 

Sur scène, un violoncelle et une table de mixage. Au fond, un grand écran. Les lumières s’éteignent et l’ambiance musicale se déroule peu à peu dans une ambiance feutrée. 

Nos yeux sont rivés sur les images projetées à l’écran. Alfred est chez lui, un comédien et deux musiciens devant nous. 

Dans une mise en scène très soignée, différents plateaux vont se succéder : un professeur enseignant la chimie de l’amour et des scènes dansées dans un champ de tournesols coupés (Aimée-Rose, danseuse au Théâtre du Capitole) à l’écran, un comédien muet sur scène, des valises, des paroles de film, deux musiciens, le silence… et la beauté du violoncelle. 

Et s’il y a certains points de rencontre au cours de la représentation, le spectateur reste pourtant libre de se concentrer sur les éléments qui l’intéressent le reste du temps, ceux qui captent son attention en fonction de l’avancée dans laquelle il se trouve dans sa propre réflexion… la projection des images en temps réel, les expressions du comédien muet. Le jeu du violoncelliste, le jeu de lumière sobre. Les vêtements, les chapeaux, les valises. Le fil rouge du spectacle est simple : Alfred, chez lui… et Alfred, qui sort du cinéma. 

La représentation fut pour moi troublante, déconcertante par la justesse des émotions suggérées.

L’arsenal des sentiments, la collection des sensations, l’affectivité de nos personnalités, l’élan de nos considérations vécues par la société moderne dévoilées font appel à un binôme de sens sur scène, le visuel et l’auditif… 

Théâtre et projection cinématographique s’allient 

 

C’est sur la même idée que les premiers samples débutent sur un introduction très soignée : « The world is full of paradoxes ». On retrouve du Wax Tailor dans l’ambiance musicale. 

Miroir du confort de notre propre mélancolie, le spectacle est époustouflant. Le mouvement est fluide, il suit celui d’une pensée ordinaire et solitaire. Les ambiances musicales sont très belles. 

Ici, il n’est pas question de raconter UNE histoire, mais de laisser le spectateur se raconter SON histoire et ressentir de l’empathie pour la forme de douleur langoureuse que vit Alfred, confronté à ses rêves, à ses ambitions, à ses échecs. Le spectacle nous force à nous interroger sur notre propre solitude émotionnelle. 

Nous comprenons que nous alimentons notre propre film, un film que l’on perçoit sous le prisme des vidéos qu’on visionne. Nous scénarisons nos sentiments. Sur la base de réflexion entêtante de nos questions existentielles redondantes (la litanie des mélodies enivrantes – l’ambiance musicale créée par Sébastien) se déploie merveilleusement le lyrisme du hasard de nos souffrances et de nos ambitions (le violoncelle de Thomas). 

A l’instar d’extraits sonores de films devenus si connus, certaines des paroles des personnes qui peuplent notre existence se gravent dans notre esprit et forgent notre jugement. Les samples provenant de films cultes et les paroles nous interpellent. 

Si notre système sociétal actuel nous donne le temps de réfléchir à notre passé, les photographies et les enregistrements nous permettent de nous y replonger, de le réinterpréter. Le panel des cinémas et des livres que nous avons eus entre nos mains, nous font appréhender notre propre pensée de manière imaginative et étudiée. 

On saluera alors les très belles paroles du morceau « écrire » (de Yann Gilles), qui clôt la représentation. Très justes, elles apparentent l’art de l’écriture à l’art d’accepter et du lâcher-prise : accepter la vie telle qu’elle nous est délivrée, accepter que nos efforts ne soient pas toujours récompensés. Admettre que ce soit principalement le hasard de nos rencontres, et notre propre imagination, qui construiront notre chemin. 

 

« Faire du son que l’on regarde, 

et de l’image que l’on écoute ». 

Les artistes … 

alfred_imageSébastien est de formation percussionniste (batterie), il compose chez lui des ambiances sur son ordinateur qu’il partage un jour avec Thomas, violoncelliste et pianiste, qu’il connaît grâce à leur participation conjointe au Neko Light Orchestra. 

Olivier est passionné de cinéma et de jeux vidéos, il est le vidéaste de la troupe. Joris est comédien spécialisé dans le mime et l’improvisation (troupes Acides, les Cinochs). Les deux personnalités vont s’ajouter au duo musical pour donner toute la contenance riche de la représentation. 

Alfred in My Suitcase est un spectacle fini : Ils sont allés jusqu’au bout. Le peaufinement est remarquable pour un premier projet avec cette équipe, … qu’on va saluer en intégralité ici : 

Sur scène et derrière la scène, en live : 

  • Sébastien Moutte (direction artistique ; batteur/bassiste/rappeur/sampling) 
  • Thomas Laduguie (violoncelliste pianiste) 
  • Joris Laduguie (comédien) 
  • Olivier Molina (vidéaste). 
  • Avec la participation, de : 
  • Nils Vogel (régisseur, apparaît aussi dans les vidéos) 
  • Amandine Richard (mise en scène) 
  • Aimée-Rose Rich (danseuse professionnelle à l’opéra du Capitole) 
  • Yann Gilles (auteur des paroles « écrire ») 
  • Elodie Coello (bookeuse, apparaît aussi dans les vidéos) 
  • Hélène Roux (No Diggity Production) 

et l’ensemble des acteurs /actrices amateurs présents à l’écran : Pierre Martos, Stéphanie Reynaud, Geoffroy Bardin, Anne Genty, Damien Valentin, Sylvain Dessus et Paul Bocognani. 

Un album est en cours de réflexion – à savoir s’il sera exclusivement musical ou s’il sera fait sous forme de BO. En tout cas, il est bien prévu un support aux morceaux ! La prod ? No Diggity, boîte de production dirigée par Hélène Roux, qui a notamment produit Scarecrow. 

Et un Grand merci à Sébastien pour ta disponibilité ! 

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