guitare

UNE ETUDE : LES BOIS DE GUITARE – Partie 1

PARTIE 1

 

Les bois utilisés pour les instruments – particulièrement les guitares – sont souvent méconnus, créant ainsi certaines difficultés quant à leur choix. Leur importance est pourtant capitale tant pour la solidité que pour le son. Pour exemple, Doc Watson et Clarence White (redoutables flatpickers) enregistraient leurs albums sur des instruments en acajou et se produisaient en concert sur des modèles en palissandre. Weissenborn que représente aujourd’hui Ben Harper, restera fidèle au bois de Koa pour ses lap-slide-guitars.

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( 1 ) La moelle est la partie la plus centrale de l’arbre. Elle disparaît avec l’âge pour ne laisser qu’un faible canal. C’est un ensemble de tissus spongieux qui évoluent en vieillissant. Le bois est composé de cernes. On distingue deux zones :

( 2 ) Le duramen est une masse principale du tronc dit « bois parfait ». Plus foncé que l’aubier et formé par les cernes les plus anciens, il est imprégné de tanin ou de colorants selon les essences.

( 3 ) L’aubier, des couches concentriques de cellules jeunes dit « bois imparfait ». Formé par les cernes les plus récents, il y circule les matières nutritives. Les cernes se transforment en duramen après 4 à 20 ans. L’écorce est la partie la plus externe. Elle se compose :

( 4 ) Du cambium: zone de croissance.

( 5 ) Du liber : partie interne et vivante de l’écorce comportant des vaisseaux dans lesquels circule la sève.

( 6 ) Le suber (ou liège) : partie la plus externe. Rôle de protection. La subérine, substance imperméable, protège les couches internes.
On observe des structures allant du centre vers la périphérie : les rayons.
Les couches annuelles ou cernes, sont elles-mêmes divisées en deux zones.
Le bois de printemps : première zone formée chaque année ; bois tendre et riche en vaisseaux.
Le bois d’été : seconde zone plus dense et résistante La Résilience du bois est la résistance à la traction et à la compression.
Le bois a cependant une meilleure résistance à la compression.

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Les bois de tout premier choix répondent à l’exigence suprême du fabricant : la coupe « sur quartier ». Un même tronc de palissandre de Rio, par exemple, peut être décliné en quatre catégories avec des prix variant du simple au quadrup.

Ces classifications s’expliquent par l’aspect esthétique mais le facteur déterminant reste la qualité de la coupe de l’arbre.

Ceci est d’une grande importance pour le choix d’un dos ou d’une éclisse, mais reste absolument vital pour une table d’harmonie.

Une table débitée « sur quartier » présente des lignes de croissance totalement verticales par rapport à son plan, donnant une grande stabilité hygrométrique diminuant ainsi les risques de fentes, et la rigidité maximale permettra de l’affiner sans en altérer les caractéristiques mécaniques. La même table débitée « sur dosse » (fibres présentant un angle de 45° au moins), serait extrêmement souple, imposant du même coup une forte épaisseur et des barrages hauts et nerveux pour éviter l’affaissement.

Notre épicéa est découpé en troncs de quatre à six mètres de long tronçonnés eux-mêmes en morceaux de 80 cm qui seront à leur tour sciés longitudinalement en quatre. Les quartiers ainsi obtenus seront ensuite fendus à la hache en suivant le fil du bois, préservant ainsi l’intégralité des fibres. Cette méthode de découpe très artisanale répond aux exigences spécifiques des luthiers. Elle demande une grande habileté et son manque de rentabilité est complètement à contre-courant des méthodes actuelles.

Pour les tables Deux petits conseils pour reconnaître une belle table d’harmonie (rarement estampillée) massive équipant des instruments de qualité : Examiner attentivement la tranche de la table par la rosace de la guitare, les lignes de croissance doivent être bien verticales, gage d’une bonne rigidité. Rechercher ensuite les tables très maillées, c’est-à-dire qui présentent des sortes de petites ondes semblables à celles d’un érable ondé : ce sont les rayons médullaires aux reflets soyeux garants d’une table débitée à la perfection.

Les bois utilisés en lutherie

 

Les Acacias
Le Koa d’Hawaï Densité de 720 à 800

 

Il est impossible de ne pas mentionner le Koa, variété d’acacia qui n’existe que dans les îles Hawaiiennes. Il se développe seulement entre des altitudes variant entre 300 et 7000 pieds sur les cinq îles principales d’Hawaï (le Koa le plus recherché se développe sur la grande île). Couleur brun-orangé, marron à or au grain variable et riche, aux belles veines foncées, aux ondes profondes, on le trouve ondé et flammé, , d’abord utilisé pour la facture de l’Ukulele, les luthiers eurent vite fait de l’importer pour la facture de guitares à cordes acier. Dans les années 30, après le crack boursier, de nombreuses firmes connues (Weissenborn, Martin, Gibson…) l’ont utilisé comme substitut à l’acajou devenu trop cher. L’arbre pousse rapidement mais a failli disparaître par la déforestation massive des forêts natives. Ecologiquement, l’espèce est aujourd’hui replantée régulièrement (2 arbres plantés pour un coupé). Ses qualités sonores se rapprochent de celles de l’acajou et de l’érable et du Bois de rose. Le Koa montre un éventail de tonalités chaudes aux belles basses profondes mais non démesurées ; chaleur et clarté mais avec plus de registre dans les médiums. Aujourd’hui il équipe les modèles haut de gamme dans la facture de guitares classiques. Une essence « envoutante » dont le prix ne fait que grimper. Les charmes du Koa sont liés à sa pénurie relative mais son attrait esthétique le rend irrésistible aux amoureux des bois exotiques. Entre l’acajou et le Koa, ce dernier semble avoir plus de puissance dans la mi-portée, alors que l’acajou tend à favoriser les basses (dans une certaine mesure) et les claires.

 

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Les Acajous

L’Acajou (Mahogany)
Densité de 480 à 580

Originaire d’Amérique Centrale et d’Afrique du Sud. Clair, de teinte rouge brunâtre, poreux, dur, suffisamment fort pour la fabrication de manches mais assez souple pour faire d’excellents corps. Il est utilisé dans les Gibson Les Paul, SG tant pour le corps que pour le manche. L’acajou se retrouve sur les guitares acoustiques pour les dos et les éclisses où il donne un son puissant et brillant, plus rarement pour les tables où il apporte une sonorité délicate avec beaucoup de médiums mais assez peu de projection sonore.

L’Acajou américain

Produit une tonalité brillante et claire, avec un équilibre unique qui apporte une gamme dynamique expressive en réponse même avec le contact le plus léger. Donne des sonorités rondes, profondes, chaudes et amples avec fort sustain, axé sur les fréquences médianes.

L’Acajou brésilien et du Honduras

Il existe plus de 300 sortes d’acajou. Le plus utilisé en lutherie est le Brésilien, suivi du Honduras. L’acajou du Honduras est le plus recherché. C’est un bois très couteux. Un bois de qualité exceptionnelle pourvu qu’il ait la densité et l’intégrité appropriées. Semblable au Koa dans sa capacité d’ajouter de la brillance à l’instrument, un avantage défini dans une dreadnought traditionnellement «boomy».

L’Acajou de Cuba

Après des siècles, les stocks sont rares, indisponibles aux prix très élevés.

Le Sapele D’Amérique du Sud

densité entre 560 et 690 couleur marron doré avec reflets rosés, souvent pommelé, flammé. Il est très stable. Il donne un son clair et propre dans les basses avec chaleur et très bon sustain. On l’utilise énormément pour la facture de guitares steel string (folk), pour les manches et les barrages, les contre éclisses. Difficile à cintrer par comparaison au palissandre (étant donné sa faible teneur en huile) il devient fragile à la chaleur et se brise soudainement.

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Le Khaja ivorensis Africain,
densité entre 530 à 590

souvent utilisé pour une construction plus industrielle comme chez TAYLOR qui utilise le Sapele pour le fond et les éclisses.

L’Aulne (Alder)
Densité 530

Bois dur mais fragile, il pousse dans les zones humides du Nord. Son cristallin, riche en harmoniques* mais moins cristallin que l’érable ou le frêne. Les mediums et bas mediums sont bien présents ainsi que des aigus précis sans être agressifs et des basses équilibrées. Employé notamment pour les caisses de Fender stratocaster. Facile à travailler, ce bois n’est pas très cher.

*Harmoniques
« Richesse », timbre du son. Plus d’harmoniques il y a, plus « important » est le son. Les harmoniques sont des fréquences multiples du son fondamental. Elles viennent s’ajouter à celui-ci et « déforment » l’onde fondamentale.

 

Les bois de Rose
Bois de rose brésilien et Bois de rose indien

Très recherché par les luthiers et joueurs, le bois de rose brésilien, d’une beauté inégalée, donne chaleur et tonalité à la guitare. Peu de différence de tonalité entre bois de rose brésilien et indien. Le premier, plus rare et plus esthétique, est surtout prisé par les collectionneurs. Le bois de rose indien est convoité pour sa coloration foncée et riche allant du brun au pourpre en passant par le noir. Il reste le bois le plus populaire utilisé dans la fabrication des guitares acoustiques de haute qualité. Les bois de rose brésilien et indien ont une réponse sonore extrêmement élevée sur une large gamme de fréquences, une réponse basse forte au long sustain, tout comme leurs cousins Cocobolo des forêts tropicales, Kingwood et Morado.

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Les Cèdres

Cèdre (Cedar)
Densité 560

Bois très fragile de couleur orange, utilisé depuis longtemps pour les tables des guitares classiques, et pour les guitares folks. Il donne chaleur et moelleux au son, avec des attaques sans agressivité.

Cèdre rouge de l’ouest

Employé pendant des décennies pour les tables d’harmonie sur les guitares classiques et il deviendra de plus en plus populaire pour les guitares à cordes d’acier (fingerstyle) parce qu’il répond rapidement, avec le bon volume, à une attaque légère ; très approprié pour les open-tunings aux tensions abaissées. Bois tendre produisant une tonalité mûre, sonorités distribuées plutôt que concentrées sur les aiguës et les basses. La couleur brun clair du cèdre prête également une chaleur visuelle. Le cèdre perd cependant de son intégrité quand l’instrument est joué très fortement, faisant de lui un choix contre-indiqué pour la polyvalence, mais un excellent bois pour le fingerstyle.

 

Le Cèdre du Brésil

Bois dur, très différent du cèdre rouge, également connu sous le nom de « Cederela ». Il ressemble à l’acajou mais sa structure est plus ouverte. Lorsqu’on le travaille, il en émane une odeur très forte mais plaisante. On l’utilise beaucoup pour la fabrication des manches de guitares classiques en raison de sa légèreté et de sa solidité. La firme MARTIN l’utilisera jusque dans les années 20.
Les détails intérieurs de l’instrument peuvent être également effectués dans ce bois, donnant ainsi une senteur aromatique agréable. Des poches de résine risquent aussi malheureusement de donner un rendu disgracieux au vernis.

Le Cerisier (Wild cherry)
Densité 580 à 610

C’est le cerisier sauvage ou merisier qui est parfois utilisé en lutherie.Il apporte une sonorité un peu ragtime.

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Les Cyprès ( Cypress)
Densité 450

Ce bois est essentiellement associé à la guitare flamenco. Plus méditerranéen qu’espagnol, importé il y a des siècles d’Asie mineure, on le trouve en Europe, Italie ou encore aux États Unis (San Francisco), au Canada. Similaire à l’érable pour sa structure, mais d’un jaune plus soutenu, il est très aromatique et d’un poids léger. Sa façon de pousser en fait un bois de faible qualité présentant des noeuds et un grain peu droit ; par conséquence, en bonne qualité, il devient rare et onéreux.

L’Ébène (Ebony)
Densité 1030 à 1190

Provient d’Afrique tropicale, d’Indonésie. Très dense, il n’est pas toujours noir et est parfois plus clair. Il sert généralement à recouvrir la touche des manches, pour une intonation très précise. Facile à travailler mais vu sa dureté, est très cassant. Il est également très cher.

Les Épicéas
Epicea ( Spruce)
Densité 470

C’est un bois clair, avec de bonnes qualités mécaniques. Il sert à réaliser des tables de guitares folks. Il donne une sonorité claire et cristalline.

Epicea de Sitka (Spruce)
Densité 430

Bois clair mais un peu plus rosé. Il sert aussi à réaliser des tables de guitares folks. Il donne une sonorité encore plus claire et cristalline.

Épinette Engelmann

Se développe dans la chaîne des Montagnes Rocheuses (le meilleur venant du Mexique, d’Idaho, et du Montana), facilité à travailler, une tonalité brillante d’ivoire. Puisque sa rigidité et son poids diffèrent de celle des épinettes de Sitka, les tables d’harmonie d’Engelmann produisent une tonalité légèrement plus mûre.

Épinette sitka

Se développe dans une région côtière de la Californie nordique jusqu’en Alaska. Bois dense et à grain droit, a le rapport de force et d’élasticité le plus élevé parmi les bois disponibles. Ce qui le démarque : matériau idéal non seulement pour les tables d’harmonie, mais pour le barrage interne. Le Sitka produit une tonalité légèrement plus brillante que l’Engelmann. Pour les joueurs dont le jeu exige une réponse dynamique large et une tonalité robuste.

Épinette européenne

De plus en plus rare au poids plus élevé que le Sitka, complémente l’éclat et la clarté des guitares. Les épinettes européennes ou argentées sont le choix des fabricants de guitares classiques. Elle partage un certain nombre de caractéristiques avec les épinettes d’Engelmann, y compris la couleur, la légèreté, la complexité harmonique et la plénitude à l’extrémité inférieure de la gamme dynamique.

Les Érables

L’érable (Mapple)
Densité 550 à 840

Provient d’Amérique du Nord, d’Europe et du Japon. Bois dense qui apporte de l’agressivité au son et du tranchant, souvent combiné avec de l’acajou ( Les Paul : corps en acajou avec table d’harmonie en érable). On l’apprécie aussi pour sa beauté, surtout quand il est flammé, tigré, ondé ou moucheté, boursouflé…. Rigide et assez dense conduisant particulièrement bien les vibrations, son utilisation est très fréquente dans la fabrication des manches (dont ceux de Fender), des touches, et des tables. On l’utilise aussi pour le dos et les éclisses des guitares acoustiques auxquelles il donne une certaine chaleur.

Erable à grandes feuilles

Le rendement élevé de l’érable font de lui un favori dans les studios d’enregistrement. Son grain serré produit une tonalité claire, brillante, comprimée, équilibrée capable de se distinguer par un mélange d’ensemble. Son attaque relativement rapide lui donne une protection contre la rétroaction. L’érable porte une coloration et un grain qui peuvent changer considérablement d’une pièce à l’autre : pommelé, piqué, ou fortement tigré. Ces caractéristiques font de lui un des bois les plus beaux. L’érable européen ou allemand est le bois favori pour la construction des guitares de jazz en raison de sa tonalité sèche brillante. L’érable donne à la guitare une tonalité précise, fraîche, avec des différences très distinctes face aux guitares fabriquées en Bois de rose. Les exemplaires les plus durs et les plus denses de ces bois, tels que l’érable à sucre en particulier, tendent à pencher légèrement vers la direction de tonalité de l’acajou, alors que des essences moins denses telles que l’érable à grosses feuilles et le noyer de Claro, tendent vers une tonalité plus transparente. Les exemplaires bouclés, piqués, ou de bird’s eye ne semblent pas avoir beaucoup d’influence sur la tonalité de l’instrument; ils sont donc employés pour leurs qualités esthétiques.

L’Erable Sycomore

Considéré comme un bois moderne dans la facture de guitare il est néanmoins utilisé depuis des siècles dans la famille du violon. On l’utilise souvent aux motifs très plaisants à l’oeil – flammé, ondé, pommelé ou moucheté – mais qui engendrent souvent des difficultés à travailler (rabotage, cintrage). Les trois espèces les plus utilisées : l’érable européen (acer pseudoplanatus, densité entre 590 et 720), le « rock mapple » (acer saccharum, densité entre 750 et 820), le sycomore (le plus commun dans nos régions, plus tendre). Les meilleurs érables proviennent d’Europe Centrale (où ils poussent doucement et régulièrement en altitude), ou d’Amérique. Couleur jaune pâle ou blanc, il se prête à merveille aux variétés de teintes (ambré, sunburst). Sa puissance, comparable à celle du palissandre, en fait un concurrent remarquable, une alternative. Il est toutefois plus « discret », transparent, ne laissant ainsi place qu’aux qualités de la table d’harmonie. Souvent utilisé pour les guitares jazz, il gagne petit à petit sa place dans la fabrication des guitares acoustiques, folk, flamenco, mais presque inexistant en guitare classique.

Le Frêne (Ash et Swamp ash)
Densité 650 à 750

Provient d’Europe, du Japon et d’Amérique du Nord. Bois dense (690), bois clair et veiné, solide, son façonnage est difficile (veinage), sèche facilement. Il apporte au son : clarté, brillance (claquant), mordant, attaque très franche, agressivité dans les aigus. Parfois utilisé chez Ibanez.

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Le Tilleul (Basswood)
Densité 550 à 600

Provient d’Europe ou d’Amérique du Nord, peu coûteux (un peu moins dense que l’acajou). Il est fragile, très bonnes qualités acoustiques – résonance, de la richesse, de la douceur et de la brillance au son -, bonnes qualités de sustain tout en procurant une intonation un peu plus claire que l’acajou. Au niveau sonore, le caractère sonore reste relativement neutre Deux sortes de tilleul : le tilleul européen (plus neutre), le tilleul américain (plus proche de l’acajou au niveau acoustique).

Les palissandres (Rosewood)
Densité 850

Provient d’Inde ou du Brésil (aujourd’hui protégé au Brésil). Bois très dense, d’une grande dureté mais très fragile. Essentiellement destiné aux touches et aux chevalets mais aussi pour le dos et les éclisses des guitares acoustiques auxquels il apporte beaucoup de moelleux et de chaleur au son.

Le palissandre du Brésil ou de Rio
Densité 730 à 870

Le titre de « Roi des bois » lui est décerné ; un mythe en phase finale d’extinction. Par le passé, c’était le seul palissandre utilisé en lutherie et ébénisterie. Il va du magnifique strié marron-rouge pain d’épice (comme sur les vieilles Martin) au marron foncé, en passant par l’orange vif ou encore les tons roses ou verts des guitares classiques. Ce bois magnifique combine des qualités remarquables, telle une projection du son, avec des basses profondes et généreuses.
Point faible : stabilité médiocre (difficile de le trouver « au quartier »), fragilité, prix le plus cher des palissandres, 1000 €. Plus lourd que les autres palissandres, le luthier « compense » en le travaillant un peu plus fin. Lors du travail se dégage une subtile odeur sucrée. On l’utilise souvent pour les chevalets et les placages. Cette espèce est protégée par la convention C.I.T.ES., vente et utilisation limitées.

Le palissandre de Madagascar

Plusieurs variétés, le palissandre de Madagascar ou le Voambona est le bois le plus proche, en terme de son et d’apparence, du Palissandre de Rio mais avec une plus une grande stabilité. On retrouve les attributs de la lutherie de luxe : brillance, couleurs profondes (orangé, marron chocolaté, violet), motifs intenses: gouttes d’eau , toiles d”arraignée… Les qualités sonores sont aussi là: clarté, projection, effet de plénitude ou cathédrale. Facile à travailler et à cintrer, disponible en grande quantité malgré les fléaux sociaux et météo, un prix atteignant la moitié des sublimes Rio.

Le palissandre d’Inde ou de Bombay

Le palissandre brésilien devenant rare, dès 1965, les luthiers se sont tournés vers le palissandre Indien. De densité 650 à 850, son grain est serré et sa couleur varie du pourpre au brun violacé, parfois orange tirant sur le marron ou même presque noir. Le palissandre d’Inde ou de Bombay est légèrement plus léger que le Rio tout en possédant la même structure avec des pores ouverts mais en étant quand même plus stable. Comme de nombreux bois durs et tropicaux, il contient des dépôts de minéraux, laissant des résidus blancs dans les pores, et aussi un grain entrelacé. Le meilleur palissandre indien est sauvage. Celui des plantations souvent nommé palissandre Indonésien ou « sonnokelling » aux caractéristiques similaires au brésilien, avec peut-être une moindre projection, est inférieur en qualité mais plus disponible. Il pousse rapidement et offre une apparence délavée avec de fortes nuances vertes et s’inscrit donc comme l’actuel standard.

Les autres palissandres

Les plus courants : le palissandre d’Amazonie, le palissandre du Honduras (identique à celui du Brésil), le palissandre de Santos (Bolivie, connu sous le nom de « Pau ferro »), le Kingwood, le Morado, le Sissoo Mahogany (identique au palissandre indien, qui provient des montagnes indiennes), les palissandres africains tels le Bubinga ou encore le fameux Blackwood africain (certainement un des bois le plus ressemblant au Rio, du point de vue sonore, de rareté et de prix). Le célèbre Cocobolo provenant du Sud du Mexique ou d’Amérique centrale (côté pacifique), qui possède les mêmes caractéristiques que « le Roi des palissandres » (projection, basses, profondeur…) en étant cependant plus lourd, se travaillant plus difficilement et, de par sa nature huileuse, pouvant créer des problèmes au collage nécessitant donc un nettoyage préalable à l’alcool éthylique industriel. Bois très coloré, aux teintes jaunes, marron et orange. D’autres existent tout comme d’autres bois durs et tropicaux d’Amérique du Sud, décrits comme palissandres mais n’appartenant pas à cette famille ; on les appelle souvent jacaranga ou palissander, termes purement commerciaux sans aucun rapport avec les véritables palissandres.

Les Noyers (Walnut)
Densité 640

D’Europe et d’Amérique du Nord. Son séchage est lent. Le noyer a les mêmes propriétés acoustiques et mécaniques que l’érable.

Noyer de Claro

Découvert en Californie par des missionnaires Franciscains, cette espèce unique de noyer , mariage presque lumineux de grains richement figurés et de couleurs exquises, une palette vivante de rouges, dorés, bronzes, gris, noirs et de bruns l’ont baptisé « Claro » (de l’Espagnol : lumière ou lumineux). Dur, stable, il produit une tonalité très profonde semblable à celle du bois de rose. Chaque pièce de la guitare semble jouer un rôle significatif ou subtil déterminant les caractéristiques de tonalité de l’instrument. En termes simples, la table d’harmonie semble affecter la réponse de la guitare: rapidité de l’attaque, son très soutenu, coloration de trait, force et qualité de chaque tonalité fondamentale des notes.

Korina

Le bois de la Flying V et de l’Explorer de Gibson. Il ressemble à l’acajou doré quand il est teinté. Bonne résonance et qualités acoustiques proches de l’acajou, mais moins cher que celui-ci.

Le Peuplier (Poplar)
Densité 500

Aucune qualité particulière sauf celle d’être peu cher , léger et facile à travailler. Par sa texture, il est semblable à l’érable, mais sa grande tendresse, à force d’utiliser l’instrument (vibrato, jeux particuliers…), les fixations finiront par bouger. De densité un peu moins importante et moins coûteux, ce bois clair est assez comparable à l’aulne. C’est un bois à éviter.

L’Agathis

Tout comme le peuplier, bois fragile à éviter.

Les autres bois…

Le citronnier, Satinwood (provenant d’ Inde et d’Asie), le Padauk de couleur orangecarotte, le Ziricote très similaire au Rio, l’eben de Macassar strié de belles lignes noires et blanches de l’est de l’Indonésie, l’Acacia noir d’Australie (cousin du Koa), les fruitiers comme le poirier, le cerisier ou le noyer peuvent être utilisés à condition de posséder un grain assez fin. Il vaut la peine de s’intéresser à des espèces alternatives étant donné le nombre croissant des bois traditionnels menacés d’extinction et trop chers ou trop difficiles à trouver.

 

 

 

 

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