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HUMAN BEATBOX

 

Percussion vocale, imitation vocale d’une boîte à rythmes, de scratchs et autres instruments de musique, le Human beatboxing utilise les bouche, lèvres, langue et voix, souvent sous forme de multi vocalisme. Annexé au Hip hop, le terme est aussi utilisé pour faire référence à percussion vocale en général.

Notre partenaire DAVOX rare artiste pratiquant cet art depuis 1990, nous a donné l’idée d’écrire sur ce sujet

… convié en 2013 en France et en Lituanie à une étude du larynx dans le cadre du beatboxing (CNRS/Laboratoire de Phonétique et de Phonologie (LPP) à Marseille. Exposition Digital Heritage 2013. CNRS/Laboratoire de Phonétique et de Phonologie (LPP) à Vilnius) nous a donné l’envie d’écrire sur ce sujet.

Nous diffusons, avec l’autorisation de l’artiste, cette vidéo scientifique.

 

Notre partenaire direct, DAVOX (http://davoxbeatbox.free.fr/pages/) .

 

 

LES ORIGINES :

Le Kouji chinois (litt : « compétences de la bouche » ou « art de la performance »), remonte à plus de 2300 ans. Il utilise la voix humaine pour imiter les sons de la vie quotidienne : animaux (oiseaux, chiens) puis, avec l’évolution, bus, avions et armes. En Inde, il y a 700 ans, est née la tradition du Bol – dérivé du mot Bolna (litt : « pour parler ») encore nommé Konnakol (Konokol, Konakkol ou Solkattu) -, partie importante du rythme indien. C’est l’art d’interpréter vocalement des percussions par des syllabes comme moyen mnémotechnique, utilisé par les percussionnistes d’Inde du Sud pour mémoriser des rythmes complexes correspondant aux diverses frappes du tabla (le Tal).
Cette technique ancestrale est aujourd’hui reprise par des artistes de jazz fusion ou de world music comme John McLaughlin, Daniel Goyone, Trilok Gurtu, Zakir Hussain…

 

 

KONOKOL : improvisation de John MACLAUGHLIN et S. GANESH VINAYAKRAM

 

Certaines traditions africaines utilisent le corps humain pour produire différents sons : frapper des mains, piétiner, inspirer et expirer bruyamment, utilisé à ce jour dans le Beatboxing.
La Puirt Beul – musique originaire d’Ecosse et d’Irlande du nord – est également évoquée dans les origines du Beatboxing. Les cultures traditionnelles ayant été réprimées, les instruments de musique étaient alors interdits. La Puirt Beul remplacera les instruments là où la musique était nécessaire (danse). L’interdiction levée et les instruments légalisés, la Puirt Beul reste encore à ce jour une musique à part entière. Le rythme et le son – qui peuvent servir d’aide-mémoire (comme en Inde) à certains instruments (cornemuse) -, ont souvent plus d’importance que le sens des paroles qui sont souvent paillardes. Le genre implique au soliste un chant léger (ex : Brochan Lom, chanté dans le film Whisky Galore !).

DE NOS JOURS … :

affiche-danslachaleurdelanuitLes premières apparitions d’un équivalent au XXe siècle se trouvent dans le jazz, principalement dans le scat, improvisation vocale faite uniquement d’onomatopées, qui reste cependant mélodique et n’est que rarement utilisé à des fins rythmiques et/ou d’imitation de percussions. Le véritable précurseur restera sans doute Don Elliott qui, dès les années 1950, s’illustrera souvent en faisant des percussions vocales (cf. sa discographie et les BOF écrites par Quincy Jones : musique de « Dans la chaleur de la nuit »…).
Michael Jackson est celui qui donnera au Beatboxing ses lettres de noblesses étant capable de réaliser des contrepoints rythmiques complexes tout en chantant une ligne de basse ou des éléments mélodiques. S’il a souvent réalisé ces impressionnantes prestations en studio, pour les démos de ses propres chansons ou lors d’interviews, ses propres beatbox font souvent partie intégrante de ses chansons dans leurs versions définitives (cf. Stranger in Moscow, Billie Jean , Junkie Tabloid , Who Is It…)
Puis le Hip hop, en s’inspirant du jazz et en s’appuyant sur le King of pop, intégrera ces pratiques pour donner naissance à la forme actuelle du Beatboxing dont la popularité actuelle est due en partie à des artistes tels Rahzel des Roots , Kenny Muhammad , et Matisyahu. En 1969, John Mayall enregistrera Room to Move sur son album Turning Point, et utilisera le beatboxing.

En 1998, Wes Carroll développera des vidéos pédagogiques (Bouche Drumming).

En 2001, Gavin Tyte développera le premier tutoriel audio sur Internet et produira, en 2002, des didacticiels vidéo sur les sons et rythmes beatboxes.

En 2002, Humanbeatbox.com devient la plaque tournante de la communauté beatbox en ligne.

En 2003, première convention internationale de Human beatboxing à Londres.

En 2005, Championnats du Monde à Leipzig. Faith SFX prendra le titre national aux premiers championnats britanniques. Beatbox Battle TV prendra naissance.

En 2009, fondation de l’Association Mondiale de Beatbox (WBA). Premiers championnats canadien et américain : plus de 52 beatboxers dont beaucoup de femmes.

En 2010, premiers championnats américains à Brooklyn, New York. Beaucoup d’Américains émergent : Matisyahu, Dachi Johnson, Billy Gillette, Blake Lewis… Un beatboxer se fera remarquer : DJ KASA de Chypre.

Beat Box du morceau Dark Horse de Katy Perry 

 

LE HIP-HOP :

Au début des années 1970, dans le Bronx, apparaît un mouvement artistique, culturel et social, développé à partir du jazz, du blues, et autres styles afro-américains et européens : le Hip hop.
Le Beatboxing n’apparaîtra que quelques années plus tard dans un ghetto de New York. L’importance du rythme dans le rap – exclusivement constitué de breaks (passages fortement rythmés) où la batterie est mise en avant, beaucoup plus présent que dans les styles le précédant, amènera les premiers beatboxeurs à cette nouvelle pratique.

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Le premier beatboxer autoproclamé sera Doug E. Fresh ; Swifty apportera la technique du son inspiration/expiration ; Buffy aidera à parfaire les techniques ; Wise inspirera une base de fans avec sa technique de platines humaine. Après le sampling et les scratchs, apparaîtra donc une technique particulière d’imitation du son de la grosse caisse et de la caisse claire à l’aide des lèvres, au rythme programmé, l’élément principal.

Les premières boîtes à rythmes et l’expansion du MCing à travers la côte Est des États-Unis (Les DJ étaient là pour la musique et les MC – synonyme de « maître de cérémonie » – débitaient rapidement des paroles improvisées ou programmées) apparaissant, les MCs peuvent désormais poser leurs phases n’importe où et n’importe quand, avec un rythme constant, sans forcément avoir les moyens financiers de posséder une véritable boîte à rythmes.

Certains MCs commencèrent à faire du beatboxing en copiant vocalement les sons produits par un DJ aux platines, chose la plus dure d’un MC puisse faire et peu maîtrisèrent le Beatboxing. Au début des années 1980, le Beatboxing est reconnu aux États-Unis grâce à the Fat Boys, (Doug E. Fresh et Biz Markie). Le jazzman Bobby McFerrin s’inspirera de son expansion dans le Hip-hop autant que dans ses racines jazz et soul pour (1984 : son album The Voice), sortir un majorité d’albums interprétés uniquement à la voix où le Beatboxing aura une place prépondérante. Le style se développera alors en Europe et en France, représenté par les Fabulous Trobadors.

Au milieu des années 1980, le Beatboxing deviendra l’art du DJing buccal, en ajoutant aux rythmes des imitations de scratchs en tout genre, voire des samples repris à la bouche.

Durant les années 1990, avec l’apparition de nouvelles musiques électroniques (Techno, Drum’n’bass et autres), les enfants commenceront le Beatboxing très jeune sans connaître sa réelle existence. La rencontre entre ce qu’ils savent faire et le véritable Beatboxing engendrera les meilleurs beatboxers d’aujourd’hui. La tendance ira à l’éclectisme et à l’imitation des chansons déjà existantes. Certaines sont d’ailleurs très impressionnantes de ressemblance avec l’original.

Fin 1990, le Beatboxing évoluera à tel point que leurs adeptes arriveront à produire plusieurs sons à la fois. Rahzel commencera par chanter If Your Mother Only Knew.
Aujourd’hui se développe une recherche musicale. Les beatboxeurs utilisent leur talent pour créer leur propre musique grâce à des enregistrements studios, des pédales de boucle (qui permettent de superposer une infinité de sons les uns sur les autres), des groupes de beatboxeurs. Les adeptes de ces nouvelles techniques, comme l’ont montré Bauchklang et Beardyman sont en France : Sly Johnson, Eklips, Ezra, Ekip d’Art-Hifis, PHM, Oslim, Under Kontrol, Nocifs sound system, Hocsid, Shen Roc, Bionic Breath Makers, Tez, Caneton, David X, Sputter Shower…

Le Beatboxing sera également utilisé par des artistes hors Hip-hop tels que Simeo, Anaïs, Ka Jazz, CocoRosie, Spleen, Camille, Barbatuques, Imogen Heap ou Nosfell.

 

BEATBOXING DANS LE MONDE :kennymuhammad

Le Beatboxing s’étend aujourd’hui dans l’underground du monde entier. Les plus célèbres beatboxeurs viennent des Etats-Unis : Biz Markie, Doug E. Fresh. la relève est assurée par Rahzel (The Godfather of Noise) et Kenny Muhammad sur la photo  de droite (dit The Human Orchestra), mais aussi Michael Jackson, ayant composé la quasi-totalité de ses chansons à partir de ses beatboxes.

 

killakelaAu Royaume-Uni, la principale figure est Killa Kela, aujourd’hui l’un des seuls beatboxeurs avec les deux précédemment cités à pouvoir tenir une scène devant un grand public. D’autres beatboxeurs sont plus ou moins bien connus : Shlomo, qui a participé avec Björk à la chanson Oceania qui fut jouée en ouverture des J.O. d’Athènes en 2004, ou TyTe qui a réalisé beaucoup de didacticiels pour les débutants. Plus récemment, le Japonais Hikakin connu pour son interprétation de la musique de Mario.

En France, le Beatboxing fut introduit : par Sheek ( Nec + Ultra) Salim ou FAT en 1986 ; par Ange B. (Fabulous Trobadors), le groupe Human Box avec leur single Funky Time , puis par les Saïan Supa Crew en milieu d’année en 1990 ; Eric Aka Ricotheoriginalone se mit à créer des sons qui, par la suite, l’ont fait connaître du milieu en 1996, puis il fit des battles à Paris au Batofar, rencontré la Zulu nation dont il est élu Zulu lord. A 37 ans, il est aujourd’hui considéré par les autres comme un ancien dans le Hip-hop ; Puis, plus populaire avec le PHM Crew (Pure Human Music) de Marseille, Art-Hifis (ou ekip d’ART-HIFIS) à Paris, Eklips, véritable imitateur Hip Hop et DJ vocal hors pair du groupe Le Remède et showman à part entière avec son crasy show.
L.O.S. à Angers, Johnny Madness à Toulouse. La Chanteuse Camille a aussi popularisé la discipline aux côtés de Sly « The Mic Buddah » Johnson, ex-membre du Saïan Supa et Ezra. Le Beatboxing français est un des plus originaux, les plus appréciés, si ce n’est le plus varié en termes de style et en termes d’efficacité, plus qu’ailleurs, et est en 2010, en plein essor, les médias faisant preuve d’un engouement de plus en plus grand pour cet art encore très méconnu du grand public, quoi qu’apprécié et même sollicité parfois par celui-ci.

TECHNIQUE :

Les chercheurs de l’University of Southern California ont évalué un beatboxer lors de ses divers effets vocaux

 

 

La grande partie des Beatboxers utilisent un micro Shure SM57 ou SM58, ce dernier étant plus prisé car utilisable également en studio, avec filtres anti-pop. La boule est emprisonnable dans les mains pour former une bonne caisse de résonnance. Le fait de ne pas la couvrir permet aussi d’éviter le larsen.

Les artistes utiliseront parfois leurs mains et d’autres parties du corps pour étendre le spectre des effets sonores et rythmiques (gratter, oiseaux, océan).
Quelques bases techniques du Beatboxing :rc505-boss

  • Le kick (B) : les lèvres percutent pour faire la grosse caisse.
  • La caisse claire (Pff) : avec les lèvres.
  • Cymbales (Tsssss) : langue contre le palais.
  • Charleston (ts ts ts) : langue contre le palais.
  • Basse (Bwou) : voix grave en soufflant et en gonflant les joues.
  • Basse (Hum) : bouche fermée utilisant seulement les cordes vocales.
  • Basse (Preuuu) : accompagné d’un kick et d’une voix grave et rauque.
  • Tik (k) : langue contre le palais en inspirant sans les poumons.
  • Tchak (Kch) : forcer sur le fond de la mâchoire en soufflant.
  • Scratch (scrith) : aspirer dans le creux de la main
  • La grande partie des Beatboxers utilisent un micro Shure SM57 ou SM58, ce dernier étant plus prisé car utilisable également en studio, avec filtres anti-pop. La boule est emprisonnable dans les mains pour former une bonne caisse de résonnance. Le fait de ne pas la couvrir permet aussi d’éviter le larsen.
  •  Les techniciens ajustent souvent un coupe-bas pour éviter l’effet de proximité et la saturation des graves.
  • Certains, pour un one man show, utilise une box type RC55 BOSS. STATION LOOPER.

 

NOTATION :

La notation musicale pouvant être utile, une forme phonétique approximative est utilisée. Créée par Mark Splinter et Gavin Tyte, La Notation Standard Beatbox (SBN) – alternative à l’Alphabet Phonétique International ( IPA ) de la transcription – sera utilisée avec parcimonie. En 2010, l’Anglais Shlomo travaille avec le compositeur Anna Meredith sur un Concerto pour beatboxer et orchestre, pour lequel il écrira une simple notation phonétique.

BEATBOXERS CELEBRES :

Le champion et vice-champion du monde : ALEM

 

  • L’incontournable Kenny Muhammad, considéré comme un véritable « homme-orchestre »
  • Alem Vice champion de France 2010 et Gagnant du contest beatbox session II à Maurepas
  • Beardyman Champion de Grande-Bretagne 2006
  • Bellatrix Championne du monde 2009
  • Biz Markie
  • BMG Gagnant du battle beatbox 93 street a St-Denis et finaliste du Battle Of The Year 2010
  • Caneton
  • Dawan Player Champion de France 2008 et 2009
  • Dub FX
  • D-9
  • Eklips
  • El Poolpo
  • Ezra acteur majeur dans le beatbox français
  • Faty Championne de France 2006
  • L.O.S Champion de France 2006
  • Mando Champion d’Allemagne 2006 et 2007
  • Micspawn Champion de France
  • Rafiki Champion de France par équipe 2009 avec NOCIFS SOUND SYSTEM
  • Rahzel Originaire du Bronx a New-York, pilier incontestable du Humanbeatbox , pionnier du Beatbox moderne, il est le premier beatboxeur à populariser mondialement cette pratique encore peu connue du grand public. D’abord membre du groupe The Roots (Hip-hop acoustique) avec lequel il assoit une renommée qu’il finit par affirmer et confirmer avec son album MAKE THE MUSIC 2000 (sorti en 1998) qui fait écho au MAKE THE MUSIC de BIZ MARKIE dans les années 1980 (beatboxeur/rappeur oldschool qui a posé une des premières pierres du mouvement).
  • Sheek
  • Sly Johnson
  • The Fat Boys
  • Zede Champion du Monde 2009 / Champion suisse 2006 (234 mots)

UN EXEMPLE DE NOTATION …

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