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L’édito du Dirlo

Salut ma Loute !

Ne voyez pas là une familiarité exacerbée à la frontière de la grossièreté, mais un appel à visiter ce superbe film de Bruno Dumont qui tourne actuellement dans les salles où, Fabrice Luchini, qui excelle comme à l’ordinaire, donne cette fois-ci la réplique à de jeunes acteurs non professionnels du cru.

« Loute » est un mot très exploité par les « Boyaux rouges », les ch’ti d’Artois. Le mot est synonyme de « Biloute » qui, en patois du Nord-Pas-de-calais, désigne un « gars » ou un garçon plus jeune que soi… La connotation est bien entendu sexuelle…

L’action se passe l’été 1910, dans la Baie de la Slack dans le Pas-de-Calais. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L’improbable inspecteur Machin et son sagace Malfoy mènent l’enquête. Ils se retrouvent bien malgré eux, au cœur d’une étrange et dévorante histoire d’amour entre Ma Loute, fils ainé d’une famille de pêcheurs aux mœurs bien particulières et Billie de la famille Van Peteghem, riches bourgeois lillois décadents.

Certes, des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.
Comme il en a l’habitude depuis ses débuts, Bruno Dumont a engagé pour le film des comédiens locaux non-professionnels.

Thierry, au chômage de longue date, incarne avec une grande prestance Monsieur Brufort, le père d’une famille de pêcheurs anthropophages vivant dans la baie de la Slack. C’est ainsi que Brandon et Thierry Lavieville deviennent stars du cinéma.

Mais je me demande bien pourquoi des slogans annoncent : « A hurler de rire », « jubilatoire », « désopilant », « drôlerie », « hilarant », etc.
Il s’agit bien d’une comédie dramatique très représentative de ce qui se passait à une époque où, pour l’intérêt de sauvegarde des familles bourgeoises, de nombreuses exactions étaient commises : inceste, mariages organisés, décès cachés ou masqués, crimes divers, vols, dissimulations, etc.

Le jeu de Juliette Binoche, critiqué par certains spectateurs comme étant trop exubérant, représente pourtant bien les coutumes de l’époque : les femmes du « beau monde » perdaient souvent leurs « sens » lorsqu’on leur découvrait des réalités parfois bien sombres. L’attitude théâtrale était alors de mise jusqu’à l’évanouissement hystériforme.

Ma Loute est redoutablement bon acteur. J’espère pour lui que sa carrière se poursuivra.

We Like Music, aujourd’hui, passe « on line » comme on dit… Bonne évolution pour tous.
Des nouveautés, des talents émergents, des retours, des décès.
Je ne parlerai pas de Prince dont on ne connaît pas l’origine de sa mort qui n’est sans doute pas due à une dose létale de propofol.
Le retour de Polnareff est un succès. On apprend certaines choses en lisant l’article de Jérôme, le fait, par exemple, d’avoir eu pour guitariste Jimmy Page après la chute des Yarbirds.

D’autres talents sont à découvrir : John Entwistle, le célèbre bassiste des Who ; Tanis qui en grandissant dans six pays différents nous apporte des influences de tous bords. Carmen, quitte Paris pour Broadway ; Tri Yann sort un album pour ses quarante ans d’existence ; Oaks, nouvelle émergence du rock ; Puis quelques explications sur les harmonicas, le fiddle… Culture oblige avec les ancêtres des Appalaches : Uncle Dave Macon, le Hill Billy, Old time music, etc.

Bonne lecture…

Didier-Patrick BEUDAERT

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